Mme la ministre, vous ne me connaissez pas mais la nuit dernière je n’ai pas arrêté de rêver de vous !
C’est vrai qu’après une garde de 56 heures à l’hôpital, mes idées étaient quelque peu.. confuses..
Je me suis rappelé de la semaine du 14 janvier, lorsque je faisais garde sur garde, je me suis rappelé du sang coulant dans les couloirs de l’hôpital, je me suis rappelé des images horribles de têtes transpercées par des balles, lorsque moi et mes confrères internes et résidents avons élu domicile dans nos hôpitaux essayant de soigner et d’aider malgré le manque flagrant de matériel, de salles d’opérations, de médicaments..
Je me suis également rappelé comment moi et l’interne de garde avec moi avons essayé de colmater la fenêtre de la chambre de garde avec des morceaux de bois parce qu’on entendait le bruit des balles dans le jardin de l’hôpital et que la fenêtre, cassée depuis des lustres malgré nos plaintes répétées, ne faisait plus passer uniquement le vent froid de l’hiver mais risquait également de faire passer des balles !
Je me suis rappelé de mon cursus, des 5 années d’externat, du stress des examens, des 2 années d’internat avec leurs lots d’agressions aux urgences par divers énergumènes alcoolisés, ou parents révoltés que l’on laisse le soin de tenir les urgences à de jeunes médecins « stagiaires «, comme si c’était notre choix, et nos demandes répétées et toujours sans résultat de plus de sécurité aux urgences.. Puis de mon année de révision pour le concours du résidanat : 500 admis sur 1500, le concours d’une vie ! de ma joie lorsque j’ai réussi ! du jour où je me suis présenté pour choisir ma spécialité : pédiatrie.. fatigante certes, 80 heures de travail par semaine.. un salaire de misère certes, 2D de l’heure environ, mais qu’y puis-je ? J’aime la médecine, j’aime les enfants, je m’accrocherai, à 31 ans j’aurai terminé, si je réussi le concours de fin de spécialité, bien évidemment !
Mme la ministre, aujourd’hui je me suis réveillée avec un goût amer dans la bouche, aujourd’hui je me suis réveillée avec une sensation bizarre.. une sensation de trahison, c’est le mot qui me vient à l’esprit..
Mme la ministre, notre système de santé est au bord du gouffre, on le sait tous ! C’est un système moisi qui souffre de plusieurs dizaines d’années de laisser-aller, de mauvaises décisions, d’argent du contribuable jeté par les fenêtres.. Plusieurs problèmes sont pointés du doigt : l’Activité privée complémentaire, la formation des médecins stagiaires, l’absence de CHU à l’intérieur du pays, l’absence de moyens et de matériel dans les hôpitaux des grandes villes et plus encore à l’intérieur, le chômage des médecins, ainsi que, bien évidemment, le manque de médecins à l’intérieur du pays..
Mme la ministre, je suis encore au tout début de ma carrière alors je me pose une question : si les hôpitaux de l’intérieur sont vides, c’est que les médecins de votre génération n’y ont pas travaillé, non ? je suis perplexe.. Pourquoi c’est aux jeunes médecins, qui sont encore en formation que l’on veut ? Pourquoi c’est à nous qu’on confisque les diplômes de fin de spécialité, pourquoi c’est nous qui ne sommes pas patriotes ? Nous on est encore en formation, ce n’est pas notre génération qui a vidé les hôpitaux de l’intérieur, c’est plutôt la vôtre non ? alors pourquoi c’est à moi que s’est adressé cette femme ce matin me disant qu’elle vous a entendu à la radio et qu’elle pensait qu’on était des pourris gâtés et qu’on n’aimait pas notre pays ?
Je suis naïve peut-être..
Quoi qu’il en soit, puisque personne ne semble comprendre et en premier vous Mme la ministre, je tiens à vous dire que nous on aime notre pays, sinon on aurait fait grève depuis bien longtemps pour toutes les raisons que j’ai cité plus haut..
Mme la ministre, nous sommes prêts à travailler dans tous les coins et recoins du pays, mais çà ne sert à rien d’envoyer un médecin se cogner la tête contre les murs, il faut lui fournir matériel, médicaments, appareils adéquats, pour qu’il puisse exercer et fournir à notre peuple de vrais soins de médecine moderne, et non quitter familles et enfants à l’âge de 31 ans pour regarder mourir les gens dans l’impuissance face à un ministère sourd, comme c’est le cas actuellement pour tous nos confrères qui sont partis travailler à l’intérieur de leur plein grés contrairement à ce que vous dîtes, mais qui se retrouvent face au vide des hôpitaux essayant sans cesse de contacter votre ministère qui demeure sourd, sourd et aveugle ..
Mme la ministre, j’espère que ce soir je ne rêverai pas de vous, demain je suis de garde..
C’est vrai qu’après une garde de 56 heures à l’hôpital, mes idées étaient quelque peu.. confuses..
Je me suis rappelé de la semaine du 14 janvier, lorsque je faisais garde sur garde, je me suis rappelé du sang coulant dans les couloirs de l’hôpital, je me suis rappelé des images horribles de têtes transpercées par des balles, lorsque moi et mes confrères internes et résidents avons élu domicile dans nos hôpitaux essayant de soigner et d’aider malgré le manque flagrant de matériel, de salles d’opérations, de médicaments..
Je me suis également rappelé comment moi et l’interne de garde avec moi avons essayé de colmater la fenêtre de la chambre de garde avec des morceaux de bois parce qu’on entendait le bruit des balles dans le jardin de l’hôpital et que la fenêtre, cassée depuis des lustres malgré nos plaintes répétées, ne faisait plus passer uniquement le vent froid de l’hiver mais risquait également de faire passer des balles !
Je me suis rappelé de mon cursus, des 5 années d’externat, du stress des examens, des 2 années d’internat avec leurs lots d’agressions aux urgences par divers énergumènes alcoolisés, ou parents révoltés que l’on laisse le soin de tenir les urgences à de jeunes médecins « stagiaires «, comme si c’était notre choix, et nos demandes répétées et toujours sans résultat de plus de sécurité aux urgences.. Puis de mon année de révision pour le concours du résidanat : 500 admis sur 1500, le concours d’une vie ! de ma joie lorsque j’ai réussi ! du jour où je me suis présenté pour choisir ma spécialité : pédiatrie.. fatigante certes, 80 heures de travail par semaine.. un salaire de misère certes, 2D de l’heure environ, mais qu’y puis-je ? J’aime la médecine, j’aime les enfants, je m’accrocherai, à 31 ans j’aurai terminé, si je réussi le concours de fin de spécialité, bien évidemment !
Mme la ministre, aujourd’hui je me suis réveillée avec un goût amer dans la bouche, aujourd’hui je me suis réveillée avec une sensation bizarre.. une sensation de trahison, c’est le mot qui me vient à l’esprit..
Mme la ministre, notre système de santé est au bord du gouffre, on le sait tous ! C’est un système moisi qui souffre de plusieurs dizaines d’années de laisser-aller, de mauvaises décisions, d’argent du contribuable jeté par les fenêtres.. Plusieurs problèmes sont pointés du doigt : l’Activité privée complémentaire, la formation des médecins stagiaires, l’absence de CHU à l’intérieur du pays, l’absence de moyens et de matériel dans les hôpitaux des grandes villes et plus encore à l’intérieur, le chômage des médecins, ainsi que, bien évidemment, le manque de médecins à l’intérieur du pays..
Mme la ministre, je suis encore au tout début de ma carrière alors je me pose une question : si les hôpitaux de l’intérieur sont vides, c’est que les médecins de votre génération n’y ont pas travaillé, non ? je suis perplexe.. Pourquoi c’est aux jeunes médecins, qui sont encore en formation que l’on veut ? Pourquoi c’est à nous qu’on confisque les diplômes de fin de spécialité, pourquoi c’est nous qui ne sommes pas patriotes ? Nous on est encore en formation, ce n’est pas notre génération qui a vidé les hôpitaux de l’intérieur, c’est plutôt la vôtre non ? alors pourquoi c’est à moi que s’est adressé cette femme ce matin me disant qu’elle vous a entendu à la radio et qu’elle pensait qu’on était des pourris gâtés et qu’on n’aimait pas notre pays ?
Je suis naïve peut-être..
Quoi qu’il en soit, puisque personne ne semble comprendre et en premier vous Mme la ministre, je tiens à vous dire que nous on aime notre pays, sinon on aurait fait grève depuis bien longtemps pour toutes les raisons que j’ai cité plus haut..
Mme la ministre, nous sommes prêts à travailler dans tous les coins et recoins du pays, mais çà ne sert à rien d’envoyer un médecin se cogner la tête contre les murs, il faut lui fournir matériel, médicaments, appareils adéquats, pour qu’il puisse exercer et fournir à notre peuple de vrais soins de médecine moderne, et non quitter familles et enfants à l’âge de 31 ans pour regarder mourir les gens dans l’impuissance face à un ministère sourd, comme c’est le cas actuellement pour tous nos confrères qui sont partis travailler à l’intérieur de leur plein grés contrairement à ce que vous dîtes, mais qui se retrouvent face au vide des hôpitaux essayant sans cesse de contacter votre ministère qui demeure sourd, sourd et aveugle ..
Mme la ministre, j’espère que ce soir je ne rêverai pas de vous, demain je suis de garde..
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